Les cascades du plateau des Bolovens sont la première raison de monter à l’est de Paksé. Perché entre 1 000 et 1 350 mètres d’altitude, ce plateau volcanique reçoit bien plus de pluie que la plaine du Mékong, et l’eau s’en échappe par des dizaines de chutes. Certaines sont à deux pas de la route, d’autres au bas d’un long escalier, et toutes changent de visage entre la saison des pluies et la saison sèche. Ce guide fait le tri : lesquelles valent le détour, comment elles se regroupent sur la carte et ce que la saison change pour chacune, afin d’organiser une journée depuis Champassak sans tourner en rond.
Où se trouvent les cascades
On gagne le plateau par la route de Paksé à Paksong, la petite ville marchande au cœur du pays du café, à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Paksé. Les chutes les plus connues se concentrent entre le 38e et le 40e kilomètre depuis Paksé, une dizaine de kilomètres avant Paksong, à quelques kilomètres les unes des autres. C’est ce regroupement qui rend l’excursion possible dans la journée : comptez environ une heure de Champassak à Paksé, puis la montée.
Un second ensemble se trouve plus au nord, autour du village de Tad Lo, dans la province de Saravane, à 85 ou 90 km de Paksé. Mieux vaut le garder pour une nuit sur place que de le caser dans la même journée.
Les cascades autour de Paksong
Tad Fane, les chutes jumelles
Deux torrents parallèles plongent d’environ 120 mètres dans une gorge boisée, au sein de l’aire nationale protégée de Dong Hua Sao. Tad Fane passe souvent pour la plus haute cascade du Laos. On ne descend pas jusqu’à elle : on l’admire depuis un point de vue situé de l’autre côté de la gorge, là où l’on mesure vraiment son ampleur. Si vous n’en voyez qu’une, c’est celle-ci.


Tad Yuang, pour la baignade
Un large rideau d’eau tombe d’une avancée rocheuse dans un grand bassin, accessible par un escalier facile. Quand le débit est modéré, c’est l’endroit le plus agréable du secteur pour se baigner, et les embruns dessinent souvent un arc-en-ciel à son pied.
Tad Champee, la plus paisible
Plus petite et moins fréquentée, Tad Champee offre un sentier qui passe derrière le rideau d’eau et un bassin naturel à sa base. Une bonne halte pour ralentir après les points de vue plus courus.
Tad Gneuang, la plus puissante
Une chute vigoureuse que l’on observe depuis plusieurs plateformes reliées par des passerelles, au bas d’un long escalier. C’est l’une des cascades les plus photographiées du plateau. Attendez-vous à être mouillé par les embruns.
Tad Lo et les cascades du nord
Près du village de Tad Lo, Tad Lo et Tad Hang sont deux chutes à quelques minutes de marche l’une de l’autre, avec des maisons d’hôtes au bord de la rivière : un lieu simple et tranquille pour passer la nuit. Sur la route depuis Paksé, Tad Pha Suam dessine un fer à cheval que l’on approche par des ponts de bois. Plus à l’est, l’ensemble de Tad Tayicseua demande deux à trois heures de marche raide et glissante : il relève d’une boucle plus longue du plateau, pas d’une excursion à la journée.
Quand voir les cascades
| Mois | Les cascades | Bon à savoir |
|---|---|---|
| Août à octobre | À pleine puissance, le moment le plus spectaculaire | Embruns, marches glissantes, courants forts : on admire plutôt qu’on ne se baigne. Les pistes non goudronnées peuvent être boueuses. |
| Novembre à février | Encore généreuses en début de saison, puis plus sages | Ciel dégagé, matinées fraîches sur le plateau, récolte du café en cours. Le meilleur compromis. |
| Mars à mai | Nettement plus basses ; en avril, certaines ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes | Le plateau reste bien plus frais que la plaine, un répit bienvenu dans la chaleur. Les bassins sont plus calmes. |
Pour toute l’année dans le Sud du Laos, mois par mois, voir notre guide quand venir dans le Sud du Laos.
Un café entre deux cascades
Le sol volcanique et le climat frais et humide qui nourrissent les cascades ont aussi fait du plateau le cœur du café lao. Les Français y ont introduit l’arabica et le robusta au début du XXe siècle ; le robusta représente aujourd’hui l’essentiel de la production. Autour de Paksong, petites plantations et cafés torréfient leurs propres grains, et la récolte s’étend à peu près d’octobre à février. Le plateau doit son nom au peuple Laven et abrite aussi des communautés Alak, Katu et Suay.
Une journée depuis Champassak, concrètement
- Partez tôt. Environ une heure jusqu’à Paksé, puis la montée vers Paksong. Un départ matinal laisse le temps de s’attarder à chaque étape.
- Choisissez trois cascades, pas six. Tad Fane pour la vue, Tad Yuang pour la baignade, Tad Champee pour le calme, puis un café à Paksong.
- Rentrez pour le coucher du soleil. Le retour vous ramène au bord du Mékong à temps pour dîner au Soum Noum, notre restaurant sur le fleuve.
- Ajoutez une nuit pour Tad Lo. Avec une journée de plus, combinez le plateau avec notre itinéraire de trois jours dans le Sud du Laos.
- Prévoyez une petite laine, des chaussures antidérapantes, un maillot de bain et un peu de monnaie pour les droits d’entrée.
- Restez sur les sentiers balisés. Le plateau a été lourdement bombardé pendant la guerre du Vietnam, et des munitions non explosées subsistent dans la campagne.
- Tenue correcte dans les villages : épaules et genoux couverts.
Notre excursion sur le plateau des Bolovens part de l’hôtel en voiture à l’heure qui vous convient, sur un à quatre jours. Le bureau de voyage peut aussi organiser vos transferts et vous garder une chambre pour le retour à Champassak.

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